Chaque année, toutes les régions du Québec participent à un concours régional puis national mettant en valeur l'excellence des propriétés, services, attraits touristiques de l'ensemble du Québec, des grandes villes et régions. Nous avons eu le grand bonheur d'être récipiendaires du Grand Prix National du Tourisme Québécois 2009 pour tout le Québec, dans la Catégorie Meilleure Résidence de Tourisme au Québec. Et récipiendaire du Grand Prix Régional du Tourisme Québécois 2009 dans la Catégorie Meilleure Résidence de Tourisme aux Iles de la Madeleine. Nous sommes heureux de partager cet honneur avec chacun et chacune de vous, chers visiteurs assidus qui avez participé à préserver ce site naturel d'exception en y apportant un peu de votre âme au fil des ans.
Voici les extraits du texte adressé aux membres du Jury; vous y lirez l'histoire de l'achat de la maison et la mission de notre propriété du bout du monde.
« Au Pied de la Butte Ronde » est née d’une rencontre d’exception avec un petit madelinot de 10 ans, Alexandre Miousse, dont j’ai eu le privilège d’être Marraine de Greffe alors qu’il était soigné à l’Hôpital Ste-Justine de Montréal. C’était en 2000. Le 20 octobre 2004, trois ans jour pour jour après son départ, Nicole sa mère, devenue une précieuse amie, a croisé une « Maison à vendre » toute brune et deux dépendances délabrées. « C’est Alexandre qui t’envoie cette maison ; elle est pour toi !». Trois jours plus tard, j’ai posé le pied sur un site naturel d’exception ; j’étais déjà chez moi au pied de cette butte, sans être même entrée dans la maison. Grâce au hasard de la vie, mon petit ami allait me mener droit au paradis. Et à mon tour, me permettre de le partager avec de purs étrangers !
« Au Pied de la Butte Ronde » ce sont donc deux résidences de tourisme classées 4 étoiles, redessinées à l’intérieur même de la grande maison familiale, mais entièrement indépendantes ; La Maison du Premier et la Maison du Deuxième sont désormais très lumineuses grâce à l’ajout de vingt portes et fenêtres, donnant ainsi accès à une imprenable vue de la mer sur trois côtés. La troisième unité, « La Maisonnette et sa jumelle » ainsi qu’un atelier à l’architecture centenaire, accueillent également nos invités.
L’extrême beauté des lieux et l’envie de partager cette chance unique d’avoir pu acquérir cette propriété sur un pareil site naturel d’exception nous a rapidement orienté vers ce projet de développer un havre de repos ou de travail, ouvert à l’année, où tout prédispose au ressourcement, à la réflexion, à l’écriture, à la paix. Notre concept de « Maison de Famille » allait naturellement prendre forme ; tout client deviendrait « notre invité ». Nous garnissons nos cuisines d’un « fonds de maison», de vaisselle de porcelaine, de coutelleries des grands jours, d’huiles et de vinaigres de très grande qualité, de fleur de sel, de nombreuses herbes fraîches et d’épices exotiques, de papiers de qualité ; nos chambres et salles de bain de savons fins, de lotions et produits d’hygiène corporelle ainsi que de grands peignoirs blancs confo pour chaque invité. L’accès à Internet Haute Vitesse sans fil, est disponible partout, ainsi que, dans chaque unité, un ou des bureaux de travail isolés et orientés face à la mer et des fauteuils de lecture trouvent leur niche.
Acquise en 2004, la grande maison, alors brune aux allures des Laurentides, était refermée sur elle-même et les deux dépendances en voie de démolition sur ordre de la municipalité, ne respectant pas la réglementation des grandeurs minimales de terrains. Pour les sauver de la destruction, j’ai dû acheter une parcelle de terrain au pied de la butte, cadastrer le nouveau terrain. La restauration et la conservation de ces bâtiments ancestraux, l’un côté maternel des Lafrance et l’autre côté paternel des Arseneault était incontournable pour moi et est vite devenue mon projet principal; un défi de restauration du patrimoine architectural des îles. Soucieuse de reconstituer le cachet d’antan des maisonnettes qui servaient d’abris pour les treuils des bateaux, nous avons rénové bardeau par bardeau, planche par planche, ces bâtiments centenaires qui portaient toute une histoire.
Quant à la grande maison, nous avons investi principalement dans sa luminosité, en dessinant une vingtaine d’ouvertures afin que de partout, dans les chambres ou les salles de bain, la mer, la butte fleurie ou blanche et les fameux ciels des îles soient omniprésents. Avec une joyeuse équipe de madelinots aussi experts que dévoués, avec moi à la tête du chantier, nous avons redonné vie, selon nos voisins, à ce « bout de l’Échouerie » laissé pour compte depuis des années. En 2006, nous nous sommes obligés à acheter le dernier terrain au pied de la butte ronde, de 185,000 pieds carrés, afin de devancer un acheteur étranger et de préserver ce site naturel et son accès à tous, pour la cueillette de petites fraises des champs ou pour sillonner la butte dans les sentiers tracés par la famille de renards roux qui l’habite. Nous y avons installé des bancs de bois pour l’écriture ou les petits-déjeuners en hauteur !
En 2007, dans le respect de l’architecture madelinienne, nous avons dessiné la copie exacte d’une des deux maisonnettes d’origine pour ajouter à l’espace de vie et au confort de nos invités qui ont maintenant tous les avantages de la grande maison en petit format . Dans chacune des unités, nous avons installé des tables d’écriture, des coins de lecture, des chevalets, des bibliothèques. Enfin, l’Atelier dans la 3e maisonnette, est désormais un point d’intérêt connu par les enfants et les adultes qui viennent créer des oeuvres botaniques, artistiques, calligraphiques.
Et cette aventure insoupçonnée a continué à se développer cette année. J’ai fait transporter une ancienne étable en voie de démolition de l’île voisine de Cap-Aux-Meules, l’avons découpée pour la passer sur le petit pont du Havre-Aux-Maisons. Nous avons privilégié la préservation de ce bâtiment historique à la construction d’une étable neuve (malgré les nombreux appels à la raison !) Nous l’avons accueillie sur des fondations, l'avons entièrement "replanchée", grandie. La voici devenue La Maison-Atelier.
Dès le début de cette heureuse aventure familiale, notre fille Audrey, une jeune ingénieure en logiciel , étudiante au doctorat en informatique, nous a créé un site internet familial www.aupieddelabutteronde.com que nous garnissons de photos et d’informations que nous renouvelons plusieurs fois par année. Nous comptons le transformer dans les prochains mois en un site interactif où les invités pourront aller déposer leurs photos et leurs commentaires en direct.
Cinéaste spécialisée en sciences naturelles, photographe et artiste naturaliste, ma passion pour la faune, la flore, la géologie, la climatologie de l’archipel transparaît dans mon accueil et dans le décor des résidences. Elle constitue un point majeur d’intérêt d’une clientèle avide de connaissances et à qui j’aime faire découvrir les trésors naturels de l’archipel. L’escalier central de la grande maison est devenu un cabinet de curiosités garni de spécimens de biologie marine et terrestre, identifiés (borlicocos, couteaux de mer, bruxins, minéraux des falaises des Buttes Pelées, carapaces de crabes, pétoncles, moules, etc.) Des nombreux travaux d’art font découvrir l’herbier terrestre et marin des îles (laminaires, fucus) accompagnées des écrits des auteurs des îles et de Marie-Victorin, découvrant l’île du Havre-Aux-Maisons en 1919. « On m’avait dit tant de bien du Havre-aux-Maisons que je voulus, dès le premier jour, en prendre la physionomie.. Promenade pleine de charme où le paysage change à chaque pas. »
Alexandre me parlait souvent de la mer et ses naufragés, des vents forts et leur musique, du cri des grains de sable des plages, de la butte ronde et son trésor, de la nuit de la « mise à l’eau des cages » des bardeaux colorés, des homardiers aux couleurs des maisons « semées au gré du vent ». J’ai tellement appris d’Alexandre. Mais aussi le légendaire courage d’un insulaire devant l’impossible et l’Art de vivre malgré tout.
Une importante bibliothèque de livres d’art et de connaissances sur le patrimoine humain, l’histoire acadienne, les connaissances géologiques, culturelles, historiques, architecturales et linguistiques des îles et du Golfe St-Laurent, permet à nos invités d’apprivoiser les madelinots et leur légendaire Art de Vivre et de Survivre à travers les siècles. L’atelier actuel, une des trois dépendances est devenu un lieu ouvert à tous, où les enfants comme les adultes invités y créent une oeuvre à partir de spécimens cueillis en bord de mer, de papiers faits main, de couleurs ; ou participent à mes ateliers « d’écriture de bord de mer » de poésie, de calligraphie, de botanique que j’ai grand plaisir à offrir l
Nous sommes toujours présents à l’arrivée des invités pour voir à leur confort et communiquer l’importance du recyclage sur l’archipel, de la protection des dunes, pour dévoiler les secrets bien gardés des tourbières, des héronnières, des buttes à aller gravir, des coutumes et eusses des différents cantons. Mais notre « hit », ce sont nos fameux petits carrés aux canneberges qui ont une histoire. À ma première arrivée aux îles, la nuit au milieu d’une tempête de mars, ma voisine Françoise Richard, m’avait cuisiné des carrés aux canneberges qu’elle avait cueillies elle-même, accompagnés d’un mot de bienvenue, personnalisé aux noms de la famille. Touchés par ce geste madelinot si chaleureux, nous en avons fait une tradition. Depuis chaque invité qui arrive jusqu’à nous, est accueilli par les« petits carrés aux canneberges de Mme Françoise et par un mot écrit de ma plume.
Un jour, la vie m’a amené auprès d’un petit Alexandre courageux. Personne ne savait, ni même moi, que ce petit garçon et sa mère allaient à leur tour, m’aider à surmonter des événements tragiques de ma vie. Ces résidences de tourisme sont devenues pour moi MON Projet de vie, qui me pousse à offrir à chaque invité, une relation humaine et professionnelle de grande qualité, suivant les traces du lien authentique qui m’unissait à Alexandre. Comme un caillou qui fait des ronds dans l’eau, la restauration de ce domaine « du bout de l’Échouerie » semble contribuer à faire rayonner ce superbe coin des îles qui tirait de l’aile. À leur tour, chacun de nos invités découvre avec passion le patrimoine humain et naturel de ce secret bien gardé du milieu du golfe St-Laurent, et de l’Art de Vivre de ses grands et petits insulaires d’exception. Huit ans plus tard, l’âme de mon petit ami habite désormais la légendaire butte ronde et confère à notre maison une touche particulière. Et je soupçonne qu’il y ait une étoile de plus dans le ciel des îles....